Le viol est le seul crime dont l’auteur se sent innocent
et la victime coupable.
Antoine Garapon, Pour une autre justice, la voie restaurative
Le viol est le seul crime dont l’auteur se sent innocent
et la victime coupable.
Antoine Garapon, Pour une autre justice, la voie restaurative
Propos de Jean-Pierre Fourny
Écoutez le silence des victimes qui ne peuvent parler ou qui sont décédées.
La Ciase a révélé l’ampleur du désastre avec le rapport Sauvé. 330 000 victimes
c’est énorme.
Cela ne s’est pas arrêté comme par magie, ce n’est pas de l’histoire ancienne !
La création de deux commissions indépendantes, l’Inirr et la CRR sont très très importantes et il faut absolument les maintenir.
Si vous ne faites pas le nécessaire, il y aura des répercussions néfastes pour la religion catholique.
La réparation financière justifie et conforte la reconnaissance et parfois guide les victimes qui en ont la force (moins de 1%). Certaines victimes ont voulu mourir ou se sont suicidées.
Dédommager n'est pas une punition, elle est un passage nécessaire et une aide pour la reconstruction des personnes ayant subi des violences sexuelles.
Pour les victimes, remplir une grille d’évaluation financière est une épreuve majeure, comment en effet évaluer le préjudice subi ? Nous avons pour cela bénéficié de l’écoute et du soutien des référents de la CRR et de l’Inirr.
La symbolique des réparations financières portées par l’Eglise restera une preuve
de la reconnaissance des victimes, un marqueur mémoriel nécessaire et essentiel pour les générations à venir.
Il est de votre responsabilité d'aider les victimes à parler
Prenez en exemple le diocèse de Nantes. Ici, l’évêque Laurent Percerou, avec le
directeur départemental de l’enseignement catholique de Loire-Atlantique, ont organisé conjointement un appel à témoin. Ils ont anticipé les retours avec leur structure dédiée à l’écoute, orientent les victimes vers les services judiciaires ou vers l’Inirr selon les cas. D’autres diocèses, trop peu malheureusement, sont dans la même démarche.
L'hommage le troisième vendredi de carême est une bonne initiative de l'église.
Dommage que quelques diocèses ne se sentent pas concernés.
Il y a aussi d'autres possibilités de réparation comme une journée mémorielle, des plaques mémorielles, une rencontre avec les évêques ou les supérieurs des congrégations, la création de moments de convivialité.
Avec ce malheur, nous avons rencontré beaucoup de personnes vraiment exceptionnelles, qui nous accompagnent et œuvrent sans relâche et bénévolement pour la reconnaissance et la réparation des victimes et faire de l’Église de France une maison sûre. Il est absolument nécessaire de pérenniser ces instances indépendantes.
Les diocèses ne peuvent pas être juges et parties.
Ce n'est pas votre argent que nous cherchons, c'est la valeur de votre cœur ♥️
1. Formation des séminaristes et prévention
• La formation des prêtres comporte une base commune, mais les pratiques varient selon les séminaires et les diocèses.
• Au séminaire de Nantes, certaines évolutions ont été mises en place :
◦ vie communautaire des séminaristes (type colocation) pour observer leur comportement au quotidien ;
◦ interventions de spécialistes et de laïcs, dont des femmes ;
◦ formation sur la vie relationnelle, sexuelle et la prévention des violences ;
◦ interventions de psychologues comme Jean-Luc Pillet.
Des associations de victimes ont été invitées à témoigner devant les séminaristes, ce qui a eu un fort impact pédagogique.
Limite évoquée : beaucoup d’agressions sont commises par des prêtres plus âgés (vers 40 ans), donc pas forcément détectables pendant la formation.
2. Importance du témoignage des victimes
• Les rencontres entre victimes et séminaristes sont jugées très utiles pour sensibiliser.
• Les séminaristes ont souvent peu de connaissances sur les violences sexuelles.
• Les associations souhaitent que ces témoignages soient intégrés officiellement dans les programmes de formation.
3. Difficultés institutionnelles dans l’Église
Plusieurs critiques apparaissent :
• Manque de coordination entre évêques et diocèses.
• Difficulté à organiser des actions communes.
• Certaines initiatives avancent lentement ou ne sont pas généralisées.
• Les structures de l’Église sont parfois perçues comme lourdes et peu réactives.
Certains évêques sont considérés comme exemplaires dans leur engagement, notamment dans le diocèse de Nantes.
4. Lancement d’un appel à témoignages (cas du diocèse de Nantes)
Un appel public aux victimes a été lancé afin de recueillir des informations sur des abus passés.
Objectifs :
• vérifier les rumeurs selon lesquelles “tout le monde savait” ;
• recueillir des faits précis (dates, personnes, lieux).
Résultats :
• 10 à 15 témoignages immédiatement, puis beaucoup d’autres.
• Au total, 134 situations recensées.
• Les témoignages proviennent de victimes, de témoins, de proches de victimes décédées.
5. Travail de la cellule d’écoute
La cellule d’écoute a adapté son fonctionnement pour gérer l’afflux :
• entretiens téléphoniques au lieu de rendez-vous en présentiel (exceptionnellement) ;
• collecte systématique d’informations ;
• transmission directe des dossiers au procureur.
Habituellemement les entretiens se font avec deux professionnels (psychologique et juridique).
6. Volet judiciaire
• certains témoignages étaient trop vagues pour être qualifiés juridiquement ;
• la majorité des faits étaient prescrits.
Cela signifie qu’il est souvent impossible d’engager des poursuites, même si les faits semblent crédibles.
7. Recherche pour comprendre les abus
Le diocèse veut désormais :
• mener une étude universitaire ;
• analyser les archives ;
• comprendre comment ces abus ont pu se produire.
Environ 80 cas sur 134 concerneraient l’établissement Saint-Stanislas.
Objectif :
• comprendre le système qui a permis ces violences,
• vérifier que les mesures actuelles empêchent leur répétition.
8. Organisation nationale et appels à témoignages
• les appels à témoignages se multiplient dans les diocèses ;
• ils sont encouragés par des organismes comme l’INIRR ou la CRR.
Principes importants :
• souvent plusieurs victimes pour lancer un appel (souvent au moins 3 cas) ;
• il faut anticiper les conséquences (écoute, accompagnement, justice).
Sans préparation :
• les structures peuvent être rapidement débordées.
9. Libération de la parole et limites
Même avec des appels à témoignages :
• très peu de victimes parlent.
• On estime qu’environ 1 % des victimes dénoncent les faits.
Les raisons : honte, peur, traumatisme, volonté de protéger l’agresseur ou la famille.
Il faut donc respecter le rythme des victimes.
10. Responsabilité de l’Église
Un point majeur est souligné :
• la responsabilité de l’Église est d’avoir échoué à protéger les enfants.
• reconnaître cette responsabilité est essentiel pour avancer.
11. Mesures de prévention actuelles
Plusieurs actions sont mises en place progressivement :
• formation sur la protection de l’enfance (ex : programme “Stop abus”) ;
• demande d’extrait de casier judiciaire pour les bénévoles ou responsables ;
• formations communes dans plusieurs diocèses ;
• création de postes spécialisés dans la prévention.
Les pratiques restent très variables selon les diocèses.
Conclusion générale
• l’Église tente de mieux prévenir les abus sexuels et accompagner les victimes ;
• les appels à témoignages permettent de révéler l’ampleur des violences passées ;
• beaucoup de faits ne peuvent plus être jugés car prescrits ;
• des efforts de formation, de prévention et de coordination sont en cours, mais le système reste inégal selon les diocèses.
Objectif
• comprendre les mécanismes ayant permis ces abus,
• améliorer la prévention,
• reconnaître et accompagner les victimes.
Comuniqué de presse
Ampaseo, association loi 1901 reconnue d’intérêt général, compte parmi ses membres des
victimes des écoles de la congrégation des Lassaliens (ou Frères des Ecoles Chrétiennes).
A ce titre elle soutient et accompagne la démarche des victimes dans un seul objectif, la
transparence et la vérité, après des décennies d’omerta.
Constat : une écoute assez biaisée
La congrégation publie actuellement des communiqués via son avocat. Elle
montre ainsi son incapacité de se laisser toucher et déplacer par les victimes.
Car la vie de chacune des victimes en est durablement bouleversée, des vies sont
fracassées, d’autres ont mis fin à leurs jour.
Aujourd’hui, moins de 1% des victimes a eu la force de se manifester, même
anonymement.
Nous soutenons la demande de suppression des clauses de confidentialité
Nous sommes absolument solidaires de la demande du collectif national
demandant instamment à la congrégation des Lassaliens la suppression de la
clause de confidentialité et de la clause « Obligation de loyauté et engagement de
non-dénigrement ». Cette dernière stipule que la congrégation se réserve le droit
d’engager une action en justice.
Ces deux points sont absolument inacceptables et dépassent l’imagination du
point de vue des victimes. Nous avons subi des violences sexuelles, plusieurs
décennies plus tard nous sommes passibles d’actions en justice. Double peine et
nouvelle violence.
La CRR, une instance incontournable
La CRR (Commission Reconnaissance et Réparation) a été créée en 2021, suite au
rapport de la Ciase pour reconnaitre et réparer les victimes de violences sexuelles
commises par des religieux de congrégations. C’est la seule instance habilitée à
reconnaitre et réparer les victimes, spécialement en cas de prescription*.
Nous encourageons vivement les victimes à se faire connaitre auprès de la
CRR.
Le parcours d’une victime souhaitant être reconnue et réparée
- Si elle s’adresse à la congrégation des FEC via sa cellule d’écoute interne, elle lui
demandera de signer le document contenant ces deux clauses de confidentialité.
Aujourd’hui, si le protocole avec les clauses n’est pas signé, aucun accord n’est
possible pour une reconnaissance et une réparation financière.- Si elle s’adresse à la CRR, le dialogue s’engage et peut durer plusieurs mois afin de
respecter le cheminement de la victime, un questionnaire très précis est mis à sa
disposition par un référent dédié qui l’accompagne. Une commission se réunit afin
de définir la juste réparation financière et de proposer des réparations non
financières, selon les demandes de la victime. La décision est communiquée aux
deux parties : la victime et la congrégation. La victime n’est jamais laissée seule
face à la congrégation.
Nous demandons avec force à la congrégation des Lassaliens que la CRR ait la possibilité de
se positionner en tiers de justice jusqu’au bout de la démarche.
* L’Inirr est l’autre instance pour les abus commis par des prêtres diocésains.
CONTACTS POUR LES VICTIMES La CRR :
09 73 88 25 71 - Du lundi au vendredi entre
9h et 17h
contact@crr.contact
www.reconnaissancereparation.org
Pour les victimes du Likès Quimper
souhaitant entrer dans le collectif pour une
écoute par d’autres victimes :
contact_victimes.likes@yahoo.com