L’ASSOCIATION AMPASEO, RECONNUE D’INTÉRÊT GÉNÉRAL, EST HABILITÉE À RECEVOIR DES DONS DÉDUCTIBLES DES IMPÔTS À HAUTEUR DE 66% POUR LES PERSONNES PRIVÉES ET 60% POUR LES PERSONNES MORALES

6 mars 2026, assemblée générale - Interventions de Solène Bondu (Diocèse 44) et Marie Derain de Vaucresson, présidente de l'Inirr

1. Formation des séminaristes et prévention

La formation des prêtres comporte une base commune, mais les pratiques varient selon les séminaires et les diocèses.

Au séminaire de Nantes, certaines évolutions ont été mises en place :

vie communautaire des séminaristes (type colocation) pour observer leur comportement au quotidien ;

interventions de spécialistes et de laïcs, dont des femmes ;

formation sur la vie relationnelle, sexuelle et la prévention des violences ;

interventions de psychologues comme Jean-Luc Pillet.

Des associations de victimes ont été invitées à témoigner devant les séminaristes, ce qui a eu un fort impact pédagogique.

Limite évoquée :  beaucoup d’agressions sont commises par des prêtres plus âgés (vers 40 ans), donc pas forcément détectables pendant la formation.


2. Importance du témoignage des victimes

Les rencontres entre victimes et séminaristes sont jugées très utiles pour sensibiliser.

Les séminaristes ont souvent peu de connaissances sur les violences sexuelles.

Les associations souhaitent que ces témoignages soient intégrés officiellement dans les programmes de formation.


3. Difficultés institutionnelles dans l’Église

Plusieurs critiques apparaissent :

Manque de coordination entre évêques et diocèses.

Difficulté à organiser des actions communes.

Certaines initiatives avancent lentement ou ne sont pas généralisées.

Les structures de l’Église sont parfois perçues comme lourdes et peu réactives.

Certains évêques sont considérés comme exemplaires dans leur engagement, notamment dans le diocèse de Nantes.


4. Lancement d’un appel à témoignages (cas du diocèse de  Nantes)

Un appel public aux victimes a été lancé afin de recueillir des informations sur des abus passés.

Objectifs :

vérifier les rumeurs selon lesquelles “tout le monde savait” ;

recueillir des faits précis (dates, personnes, lieux).

Résultats :

10 à 15 témoignages immédiatement, puis beaucoup d’autres.

Au total, 134 situations recensées.

Les témoignages proviennent de victimes, de témoins, de proches de victimes décédées.


5. Travail de la cellule d’écoute

La cellule d’écoute a adapté son fonctionnement pour gérer l’afflux :

entretiens téléphoniques au lieu de rendez-vous en présentiel (exceptionnellement) ;

collecte systématique d’informations ;

transmission directe des dossiers au procureur.

Habituellemement les entretiens se font avec deux professionnels (psychologique et juridique).


6. Volet judiciaire

certains témoignages étaient trop vagues pour être qualifiés juridiquement ;

la majorité des faits étaient prescrits.

Cela signifie qu’il est souvent impossible d’engager des poursuites, même si les faits semblent crédibles.


7. Recherche pour comprendre les abus

Le diocèse veut désormais :

mener une étude universitaire ;

analyser les archives ;

comprendre comment ces abus ont pu se produire.

Environ 80 cas sur 134 concerneraient l’établissement Saint-Stanislas.

Objectif :

comprendre le système qui a permis ces violences,

vérifier que les mesures actuelles empêchent leur répétition.


8. Organisation nationale et appels à témoignages

les appels à témoignages se multiplient dans les diocèses ;

ils sont encouragés par des organismes comme l’INIRR ou la CRR.

Principes importants :

souvent plusieurs victimes pour lancer un appel (souvent au moins 3 cas) ;

il faut anticiper les conséquences (écoute, accompagnement, justice).

Sans préparation :

les structures peuvent être rapidement débordées.


9. Libération de la parole et limites

Même avec des appels à témoignages :

très peu de victimes parlent.

On estime qu’environ 1 % des victimes dénoncent les faits.

Les raisons : honte, peur, traumatisme, volonté de protéger l’agresseur ou la famille.

Il faut donc respecter le rythme des victimes.


10. Responsabilité de l’Église

Un point majeur est souligné :

la responsabilité de l’Église est d’avoir échoué à protéger les enfants.

reconnaître cette responsabilité est essentiel pour avancer.


11. Mesures de prévention actuelles

Plusieurs actions sont mises en place progressivement :

formation sur la protection de l’enfance (ex : programme “Stop abus”) ;

demande d’extrait de casier judiciaire pour les bénévoles ou responsables ;

formations communes dans plusieurs diocèses ;

création de postes spécialisés dans la prévention.

Les pratiques restent très variables selon les diocèses.


Conclusion générale

l’Église tente de mieux prévenir les abus sexuels et accompagner les victimes ;

les appels à témoignages permettent de révéler l’ampleur des violences passées ;

beaucoup de faits ne peuvent plus être jugés car prescrits ;

des efforts de formation, de prévention et de coordination sont en cours, mais le système reste inégal selon les diocèses.


Objectif 

comprendre les mécanismes ayant permis ces abus,

améliorer la prévention,

reconnaître et accompagner les victimes.