Violences sexuelles dans l'Eglise
Le pape Léon XIV reçoit sept victimes le 27 septembre à Lourdes.
Aucun représentant de notre association ne sera reçu, nous nous interrogeons cependant sur un point :
Pourquoi aucune rencontre n’est prévue avec les représentants de la Ciase et les organismes de reconnaissance et réparations ?
En novembre 2023, nous avons rencontré le pape François au Vatican. Nous
avons souhaité que la présidente de la Corref (Conférence des religieux et
religieuses de France), soeur Véronique Margron à l’époque, et le président
de la CRR (Commission reconnaissance et réparation), Antoine Garapon se
joignent à nous. Pour nous victimes, il était essentiel que ces personnes, qui
sont des figures de la lutte contre la pédocriminalité au sein de l’Eglise soient
présentes à nos côtés. Elles ont travaillé d’arrache pied dans le sillage de la
Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise) afin que
nous soyons reconnus victimes et réparés alors qu’il n’y avait plus de justice
possible du fait de la prescription. La visite au pape de ces deux personnes a
été refusée. Sans explication, sans argument. Nous n’avons pas été entendus
par l’Eglise, ce refus laisse des traces, une nouvelle cicatrice que nous ne
pourrons effacer.
Le pape Léon XIV se rendra en France à la fin du mois.
A nouveau nous constatons avec beaucoup de tristesse et d’amertume que ces figures emblématiques et représentants de la lutte contre les violences sexuelles dans l’Eglise, à commencer par Jean-Marc Sauvé, président de la Ciase(organisme fondé par la volonté de la Conférence des Évêques de France et la Corref), ne soient pas inscrits au programme des rencontres avec le pape.
Ce sont pourtant bien eux qui font avancer ce combat, ils l’ont mené et le mènent encore de façon exemplaire, avec talent et délicatesse. Les personnes qui ont intégré ces organismes ont acquis une compétence hors du commun. Elles sont des modèles d’expertise pour de nombreux pays.
Nous, petit peuple des victimes, demandons à l’Eglise pourquoi à
nouveau ce refus - ou plus grave peut-être cet oubli - de recevoir ces
acteurs de la prévention des crimes sexuels qui ont tant de choses à
apporter ?
C’est une nouvelle blessure que l’Eglise de France nous inflige.
Messieurs, vous n’entendez donc pas notre cri, ne voulez pas savoir nos
souffrances ?