L’ASSOCIATION AMPASEO, RECONNUE D’INTÉRÊT GÉNÉRAL, EST HABILITÉE À RECEVOIR DES DONS DÉDUCTIBLES DES IMPÔTS À HAUTEUR DE 66% POUR LES PERSONNES PRIVÉES ET 60% POUR LES PERSONNES MORALES

Paris le 22 novembre 2017 - Réunion de victimes avec la direction de l’enseignement catholique, SGEC

Projet de création d’un groupe de travail en intégrant les victimes 


Pour la première fois, le délégué général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost et son équipe conviaient des victimes de pédocriminels membres de l’Eglise catholique. 

 Cette réunion fait suite à une rencontre le 4 octobre à la Conférence des évêques de France avec les victimes/témoins. Il est alors apparu nécessaire et urgent à l’Enseignement catholique de prendre sa part de responsabilité. 

 Dès l’entré de la salle des voix se sont élevées, mettant au jour toute la difficulté d’intégrer un groupe de victimes pour la première fois. C’est le résultat de décennies d’omerta savamment entretenue par l’Eglise. Néanmoins le tour de table des présentations s’est déroulé plus ou moins dans le calme, autant que possible. 

 Les premières questions concernaient la structure de l’Eglise dans son ensemble, qui fait quoi, qui est hiérarchiquement le patron. Les liens entre l’Enseignement catholiques, les différentes structures satellites de l’éducation nationale et les ministères. A cette question nulle réponse claire sinon le constat d’une organisation nébuleuse « gazeuse » diront certains, propice à tous les abus possibles, aussi bien psychologiques que physiques jusqu’aux crimes. 

La problématique des archives a été évoquée. Nous savons que des archives ont été perdues, accidentellement ou volontairement. Car il faut bien comprendre que l’Eglise et sa réputation sont à protéger. Il est envisagé de créer un lieu sûr de regroupement. 

Les intervenants ont également souligné l’importance capitale des témoignages de victimes/témoins. Un témoignage les yeux dans les yeux provoque un « déplacement » de la perception. L’écoute change la perception et alors seulement il est possible de comprendre pleinement les cicatrices indélébiles laissées par ces crimes perpétrés au nom de Dieu. Un intervenant a insisté sur la nécessité de considérer l’idée que les victimes restent toujours victimes. Faire vérité, mémoire et soin sont des axes importants à considérer. Un autre intervenant a insisté sur le terme « martelage ». 

L’objectif du SGEC à travers cette réunion est de constituer dès janvier un groupe témoin composé entre autres de victimes dans l’objectif de travailler sur la mémoire et la prévention. Ceci afin de présenter des axes à l’horizon 2028. Les structures concernées étant nombreuses, le projet est ambitieux. Ampaseo se doit d’être intégré à ce groupe. 
Remarques et temps forts 

Dissonances 
Ce projet repose sur l’entente des victimes témoins qui n’en sont pas au même niveau de « résilience ». Ampaseo est perçue avec une autre association Parler et Revivre comme des associations déjà anciennes par rapport aux collectifs présents. Ampaseo en particulier est perçue comme une association « très proche de l’Eglise » selon certaines victimes qui ne comprennent pas que des victimes puissent avancer avec les bourreaux. Nous restons résolument sur cette ligne car le dialogue Eglise/victimes nous apparaît comme essentiel dans un objectif de prévention pour les générations à venir. 

Moment inattendu et si fort 
À la presque fin de réunion, un homme est arrivé avec sa femme. Il avait eu vent de cette rencontre le jour même. Il livrait son récit pour la première fois, était littéralement en état de liquéfaction, baignant dans ses larmes, tentant avec difficulté de s’exprimer. Il a été violenté, violé pendant plusieurs années. Nous avions en direct exactement les dégâts provoqués chez cet homme, chacun a pu en prendre pleinement la mesure. Nous avons communiqué aux responsables EC les coordonnées de la personne référente pour la congrégation concernée à la CRR. Et bien sûr nous avons indiqué que cette personne pouvait nous contacter. 

Les talents de Jean-Pierre Fourny 
Alors que les débats et les grands diatribes fusaient, Jean-Pierre a pris la parole. « On vous entend dire des grands mots, des choses que nous ne comprenons pas. Vous parlez pour satisfaire votre égo du moins c’est ce que nous ressentons. Alors c’est simple : nous sommes tous des victimes, si nous ne sommes pas capables d’aller dans le même sens pour la prévention, de nous faire entendre, alors rien ne changera, et ça continuera encore et encore». Il semblerait que le message ait été reçu !

MLRG