Etaient présents: Frère Claude Marsaud (Saint-Gabriel), Jean-Pierre Fourny et Bernard Humeau.
Après les présentations d’usage la rencontre se déroule en trois temps, avec des allers-retours :
Il y a les retrouvailles entre Claude et Bruno (Autrefois, Claude a enseigné les Maths à Bruno) avec partage de souvenirs communs dans une forme de complicité historique et d’appréciation réciproque entre le professeur et l’élève. Visiblement les deux hommes étaient heureux de se rencontrer, se retrouver. Les expériences de l’un et de l’autre sont intéressantes pour tous.
Il y a les témoignages de Jean Pierre et moi-même, avec des moments d’émotions partagés ( plus forts que d’habitude en ce qui me concerne). Nos deux expériences s’avèrent très différentes en termes de conditionnement, d’environnement, de tempérament et de conséquences. Ces dernières sont souvent exprimées dans les extrêmes, entre l'étouffement ou l'explosion des sentiments, entre l'interdit d'exister ou l'allergie à toute autorité... Cependant, la trame commune des violences physiques, psychiques, morales et sexuelles reste la même. Monsieur Retailleau semble très à l’écoute. Qu’en a-t-il retenu, et notamment lors de nos ponctuations émotionnelles? Il a pu constater les effets graves et durables de ce genre de violences subies par un enfant. Pour ma part, je suis agréablement surpris de son attitude. Il semble bien présent, (et touché?), peut-être! De par son statut, on sent qu’il sait garder un minimum de distance. La présence de Claude a très certainement favorisé la proximité entre nous tous.
Il y a le moment Ampaseo dans l’action, et là Jean-Pierre s’appuie sur les rencontres au Ministère de l’intérieur et au Haut commissariat à l’enfance du 12 septembre 2025 pour relancer nos demandes d’actions par les politiques. Quand on lui fait remarquer qu'en tant qu'homme politique, il aurait pu, ou dû, reconnaître et soutenir le travail de la CIASE avec Jean Marc Sauvé, il semble un peu gêné. Cependant, il nous dit bien connaître et apprécier l'homme M. Sauvé. Par contre, Antoine Garapon et encore Marie Derain, ne lui rappellent pas grand chose, semble-t-il ?
Puis, nous reparlons de nos actions de proximité auprès des institutions (témoignages dans des séminaires, conférence des Evêques…) Il nous demande des propositions. Notre réponse va de la prévention auprès des enfants et de tous ceux qui les côtoient, à la parole dans les institutions, la fin de la prescription... (cf rapport du 12 septembre). Nous constatons ensemble les difficultés inhérentes à l’aspect tabou qui perdure dans ces domaines que sont la sexualité d’une part et les violences faites aux enfants d’autre part. Déjà, avec nos proches on peut constater, assez souvent hélas, ces difficultés voire ces blocages.
Nos propres difficultés à témoigner relèvent également, en partie, de ce tabou. C’est pourquoi, a-t-on insisté pour dire que la parole publique et politique répétée contribue à lever, tant que faire se peut, ce tabou, protecteur pour certains et destructeur pour d’autres, selon les situations. Trop souvent la honte et la gêne, et peut-être aussi la culpabilité, incitent au silence qui tue.
En conclusion, nous demandons une parole publique forte et des engagements politiques multipartisans. Monsieur Retailleau fait le constat de la gravité et surtout de la durabilité des conséquences pour un enfant victime de violences sexuelles. Il nous promet, avant d’agir, de prendre contact avec Madame Sarah El Haïri, du Haut commissariat à l’enfance, qu’il connaît bien.
B.Humeau