Première en France : Rencontre entre les Frères des Écoles Chrétiennes (150 établissements) et les victimes, demande de pardon des lasalliens et poursuite du dialogue à la rentrée.
Ce mois de juillet fut pour les représentants du collectif des victimes de violences et agressions sexuelles du Likès (Quimper), créé en février, un marathon aussi éprouvant que fructueux.
Après une rencontre avec Christophe Geffard, directeur de l’Enseignement Catholique du Finistère, le collectif a été invité à rencontrer l’évêque du Finistère Monseigneur Laurent Dognin.
Les victimes se sont ensuite rendues au Likès à la rencontre de Xavier Moënner, Directeur du Likès. Loïc Thomas, Délégué de tutelle Bretagne et Colette Allix, déléguée de la Tutelle lasalienne ont fait le déplacement.
Il en a fallu du courage à ces hommes pour rencontrer les divers représentants de
l’Enseignement catholique et de l’Eglise.
Cinquante ans après les faits, la douleur est toujours intense, des vies ont été
fracassées, pour certains la vie après ces crimes était devenue impossible, d’autres ont
mis fin à leurs jours, un survivant affirme qu’il est mort le jour de sa première
agression. Les victimes ont témoigné auprès de chaque institution dans les larmes et la
douleur. La parole est enfin libérée.
Il est essentiellement question d’un frère, aujourd’hui décédé, ayant violé en toute
impunité durant 30 ans. Comment est-ce possible ? Combien de victimes ?
Durant de nombreuses années, des violences, agressions sexuelles et viols ont été
commis sur des enfants au Likès, à Quimper. l’objectif du collectif était d’obtenir la
pleine reconnaissance des faits par la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes
(lasalliens).
Au terme de ces rencontres, les représentants des lasalliens ont tour à tour demandé
pardon aux victimes au nom de l’institution. Ils reconnaissent également l’importance
primordiale de la CRR (Commission reconnaissance et réparation) mise en place par la
Corref (Conférence des religieux et religieuses de France) à la suite du rapport de la
Ciase en 2021, mettant en lumière le nombre hallucinant de 33000 victimes de l’Eglise.
Cependant le cheminement vers la reconnaissance et la réparation doit se
poursuivre.
Après avoir récemment exprimé leur pardon à toutes les victimes, les Lasalliens
promettent une étude approfondie relative à cette impunité. Le collectif appelle detous ses voeux la nomination d’une équipe absolument indépendante pour mener à
bien cette mission en toute transparence.
Le collectif demande formellement :
• la reconnaissance sans réserve de la responsabilité institutionnelle de la congrégation
pour l’ensemble des sévices, physiques et sexuels ;
• un appel à témoignages, par les lasalliens, le Likès et l’évêque de Quimper, pour briser
l’isolement des victimes ;
• la suppression immédiate des clauses de confidentialité imposées dans les protocoles
de réparation ;
• l’ouverture complète des archives des lasalliens et du diocèse de Quimper, afin
d’identifier la chaîne des responsabilités hiérarchiques ;
• une cérémonie officielle et publique de reconnaissance au Likès ;
• la pose, au Likès, d’une plaque en mémoire des victimes.
Le collectif des victimes du Likès compte aujourd’hui 25 personnes
Afin de sortir du silence, les victimes sont invitées à se faire connaître auprès du
collectif. L’anonymat est bien entendu respecté : contact_victimes.likes@yahoo.com